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Portrait de parrain :

L’an dernier, lors de la Campagne Handivalides 2009, les lecteurs de la newsletter découvraient le portrait d’Axel. Cet étudiant de HEC, déficient visuel, sorti major de sa promotion lors du concours d’entrée de la prestigieuse école de commerce, avait déjà soutenu la Campagne Handivalides, en parrainant la journée de l’ESCEM Tours.

Aujourd’hui, pour cette nouvelle édition de la Campagne 2010, c’est avec plaisir que nous le retrouvons, à l’occasion de la première Journée Handivalides de HEC. Désormais en troisième année, Axel suit une spécialisation en économie et finances, une spécialisation mise en place grâce à un partenariat entre l’école Polytechnique et HEC. Il s’est à nouveau livré au petit jeu des questions / réponses…


Portrait axel.
Lors de ton précédent témoignage, tu nous expliquais que ta scolarité à HEC se déroulait bien. Ca se passe toujours aussi bien pour toi ?

« J’ai noté une fois encore que mes enseignants sont prêts à adapter leurs cours. J’ai beaucoup de mes professeurs qui écrivent au tableau et ils n’hésitent pas à relire ce qu’ils ont écrit. Mes camarades de classe m’aident aussi toujours beaucoup. C’est un point important et positif. »

Photo :
  atelier de torball, lors de la Journée Handivalides d'HEC, le 15/02/2010.
 
Toutefois, ta spécialisation en économie et finances a apporté quelques changements, non? Tu suis désormais la majeure partie de tes cours à l’Ecole Polytechnique (Massy Palaiseau).

« Il a fallu que j’explique à mes nouveaux professeurs les adaptations qui m’étaient nécessaires, ce qui n’a posé aucun problème car ils sont plutôt sympas. En outre, j’ai reçu un très bon accueil de la part de l’administration de Polytechnique, qui m’a beaucoup aidé, notamment dans l’organisation et l’adaptation des examens. »

C'est la première Journée Handivalides à HEC, qu'est ce que tu aimerais qu'il en ressorte?
 « Tout d’abord, même s’il s’agit de la première journée Handivalides organisée à HEC, ce n’est pas la première mobilisation sur le handicap que connaît l’école. Depuis trois ans déjà, des événements sont organisés autour de ce thème, auxquels j’ai eu l’occasion de participer. Mais l’organisation a été assez difficile, notamment parce que nous n’avons pas pu impliquer l’administration. Par ailleurs, le thème du handicap n’est pas très porteur auprès des étudiants.

Mais j’ai bon espoir que cette année, la Journée Handivalides se passe mieux car l’administration est plus impliquée. Il espère que cette démarche se montrera plus efficace pour toucher les étudiants. »

Enfin, j’ai une autre attente, qui dépasse un peu sans doute le cadre Handivalides. Celle-ci découle de mes stages en entreprise où j’ai chaque fois eu la chance d’être bien accueilli et de recevoir l’appui et les adaptations nécessaires. Je pense qu’il est important de créer des liens solides entre les élèves handicapés et les entreprises. J’espère aussi que la Journée Handivalides sera une occasion pour cela ! »

Pourquoi t’associes-tu pour la deuxième année consécutive à une Journée Handivalides, en tant que parrain ?

« Tout d’abord, je trouve que de faire se rencontrer des personnes handicapées et des personnes valides autour d’un thème aussi important que l’éducation est une démarche très intéressante. De plus, avec le fait que cela ait lieu cette année directement dans mon école, je ne pouvais pas rater le rendez-vous ! Même si ma scolarité s’est très bien déroulée, ma contribution peut être utile pour permettre à l’ensemble des parties concernées (administration, enseignants, étudiants…)  de mieux comprendre les difficultés rencontrées, du point de vue de la personne handicapée. »

Que faudrait il mettre en place pour améliorer encore la situation?
« Le sujet est complexe mais selon moi, il faudrait probablement mettre en place des actions concernant l’orientation des élèves handicapées. Par exemple : faire de la communication dans les lycées et présenter les prépas et les grandes écoles comme des voies « accessibles ». Il faudrait faire passer le message aux personnes handicapées que leur orientation doit se faire en fonction de leurs envies et non en fonction des filières les plus adaptées à leur handicap. Il est important de leur dire qu’elles peuvent suivre les études qu’elles veulent et trouver des solutions. Choisir son orientation selon ses aspirations, c’est le plus important. »


Quel a été pour toi le facteur déclencheur pour entrer à HEC ?

« Le facteur déclencheur, pour moi, c’est la famille. J’ai des frères et sœurs qui n’ont  pas de handicap et qui ont fait des hautes études. J’ai aussi des amis qui ont fait des prépas ou autre. Enfin, du fait de mon entourage, je n’ai jamais considéré que mon handicap puisse me restreindre. Il ne s’agit pas d’une barrière. Pour ma famille et moi, c’était une évidence que je pouvais faire des études, même s’il fallait quelques adaptations. »
 
Propos recueillis par Carla Jordao
Animatrice déficiente visuelle du Programme Handivalides

 

La Marraine de la campagne

Marie-Amélie Le fur, double vice-championne paralympique.
Marie-Amélie Le fur, double vice-championne paralympique.

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