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INTERVIEW :

 
Fabienne Rakitic est la coordinatrice de la Mission Handicap de l’Université de Strasbourg. Elle fait, pour nous, le point sur le travail réalisé par la Mission Handicap depuis la fusion des universités et sur la seconde journée Handivalides, organisée sur le campus strasbourgeois.

Table-Ronde Starsbourg.
PHOTO : Table-Ronde lors de la Journée Handivalides à l'université de Starsbourg
 
Les universités de Strasbourg ont fusionné le 1er janvier 2009. Quelles implications cela a-t-il eu sur la Mission Handicap et l’accompagnement des étudiants ?

« La Mission Handicap est née avec la fusion des 3 universités. Avant la fusion, chaque université disposait d’un chargé de mission handicap (enseignant chercheur) qui prenait en compte les demandes et assurait l’organisation de l’accueil et de l’accompagnement des étudiants handicapés. La fusion des 3 universités a permis de créer une véritable entité structurée au sein du Service de la Vie Universitaire avec une chargée de mission, une coordinatrice et une chargée d’accueil et du suivi administratif. La volonté politique et les moyens associés visent à impulser une dynamique autour de projets innovants concernant les étudiants en situation de handicap, mais aussi autour des personnels de l’université handicapés. La Mission Handicap est tout d’abord un lieu d’accueil identifié, avec des permanences d’accueil définies. Pour articuler ses actions et les coordonner de façon adaptée et efficace, la Mission Handicap a signé, dès septembre 2009, une convention avec la MDPH du Bas-Rhin et a constitué une équipe plurielle réunissant tous les partenaires intra et inter universitaires concernés par la question du handicap. L’équipe plurielle propose et participe à l’élaboration et à la mise en œuvre des différents projets concernant le handicap. La Mission Handicap développe des outils de pilotage, d’évaluation permettant de proposer un suivi et un accompagnement structurés et personnalisés afin de rendre attractive l’université pour tous les étudiants handicapés désirant s’inscrire dans une filière de formation. »

Quelles sont les principales problématiques liées à l’accueil des étudiants handicapés aujourd’hui à l’Université de Strasbourg ?

« Les difficultés rencontrées peuvent être liées tout d’abord à l’accessibilité des locaux : les 4 sites de l’Université de Strasbourg sont pour la plupart accessibles, mais certains présentent encore actuellement des difficultés d’accès, dues souvent à l’ancienneté du bâti. Un diagnostic accessibilité est en cours avec un cabinet extérieur qui permettra d’analyser tous les points d’accès, d’établir des recommandations et un chiffrage des travaux préconisés. Ce diagnostic devrait permettre de lancer un plan de mise en œuvre de travaux prioritaires qui iront dans le sens de l’obligation de mise aux normes au regard de la loi et d’une amélioration de l’accès aux bâtiments, donc aux savoirs. L’accès aux savoirs étant global et pas uniquement lié au bâti, la difficulté réside également dans l’accès aux contenus de cours, aux ouvrages et à la pédagogie qui doit s’adapter aux différents types de handicap. Un travail est mené avec la Direction des Usages du Numérique pour développer l’usage des TIC au service des personnes dites empêchées et des actions de sensibilisation, d’information à destination des enseignants sont prévues pour favoriser l’intégration de l’étudiant handicapé dans tous les cursus de formation. »

Quels projets développe actuellement la Mission Handicap pour favoriser l’accueil des étudiants handicapés ?

« La Mission Handicap a poursuivi et développé l’embauche d’assistants d’études (53 étudiants) qui accompagnent les étudiants handicapés qui le souhaitent dans la prise de notes, un appui pédagogique, la recherche documentaire, les déplacements sur le campus… L’appui aux composantes pour les examens permet d’optimiser l’organisation matérielle et humaine de ces derniers (embauche de secrétaires d’examens et de surveillants si besoin, possibilité à l’étudiant de composer à la Mission Handicap en cas de manque de salles). Une première formation avec un groupe d’assistants d’études et de secrétaires d’examens a été organisée pour échanger sur les pratiques d’accompagnement et la relation d’aide. Des rencontres thématiques régulières seront programmées en 2010-2011. La Mission Handicap a également pour projet de mettre en place des référents handicap dans les différentes composantes et dans les services afin de sensibiliser et d’impliquer davantage les enseignants et les personnels administratifs à l’intégration des étudiants handicapés et de favoriser un soutien de proximité. En matière de communication, la Mission Handicap a créé un petit guide de l’étudiant handicapé incluant un flyer à destination des lycéens, ainsi que des affiches déclinant des messages forts (Rencontrer l’autre, S’engager pour tous, Cultiver l’humanisme, Evoluer vers son autonomie). Un projet de film sur l’insertion professionnelle des étudiants handicapés est en cours avec la Direction des Usages du Numérique de l’Université et grâce à des co-financements privés (Crédit Agricole). »

Vous vous êtes particulièrement investie dans l’organisation de la Journée Handivalides. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cette manifestation peut appuyer ou compléter les actions de la mission handicap ?

« La Mission Handicap a apprécié de pouvoir s’associer à l’organisation de l’événement, de bénéficier de l’expérience de l’association et du matériel mis à disposition. La répartition des rôles allège le dispositif ; la Mission Handicap s’est occupée des contacts presse, en lien avec le service communication de l’UdS, de la réservation de l’espace à la fac de droit, du matériel nécessaire sur place, du repas à l’aveugle. Elle a délégué 2 étudiants pour aider à la distribution des flyers et a préparé la table ronde. Starting-Bock a édité les affiches et flyers, a géré l’installation de tout le matériel des ateliers et des différents parcours et en a assuré l’animation. La coordination sur place est indispensable au bon déroulement de l’opération et le lien avec l’étudiante correspondante de Starting-Block à Strasbourg a été précieux. Cette action répond tout à fait à l’un des objectifs de la Mission Handicap : sensibiliser la communauté université à la question du handicap, favoriser la rencontre, faire prendre conscience des situations de handicap et des difficultés à surmonter au quotidien. Les mises en situation permettent de rendre les participants actifs et de ressentir dans leur corps les contraintes liées au handicap moteur ou sensoriel. L’expérience est inédite, bouscule les préjugés et fait bouger les représentations.»
 
Propos recueillis par Marc Sprunck, Starting-Block