PHOTO : Animation lors de la journée Handivalides à l'ENSAE ParisTech
A votre avis, pourquoi les Grandes Ecoles accueillent-elles si peu d’étudiants handicapés à l’heure actuelle ?
« Je pense que dans les Grandes Ecoles il y a beaucoup plus de personnes handicapées qu’on ne le croit. C’est vrai qu’il y a peu d’étudiants handicapés moteur mais cela est proportionnel avec le pourcentage représenté par les personnes handicapées moteur dans notre société. Il y a davantage d’étudiants présentant un handicap tel que la dyslexie ou la dyspraxie et également de jeunes souffrant de dépression ou autre. Malheureusement, la plupart de ces étudiants ne se font pas connaître peut être par peur du qu’en dira t’on ou par « rejet » de leur handicap. »
L’ENSAE ParisTech a-t-elle déjà accueilli des étudiants handicapés ?
« Pour le handicap moteur, nous avons accueilli il y a quelques années, un étudiant lourdement handicapé qui se déplaçait en fauteuil roulant et avait des difficultés pour écrire. Personnellement, je ne l’ai pas connu mais la Directrice s’en souvient très bien. Je sais qu’à l’école nous avons des étudiants dyslexiques mais qui ne se font pas connaître. »
Quels sont les atouts de l’ENSAE ParisTech dans cette perspective ?
« L’ENSAE en général (Administration+étudiants) s’inquiète de ses étudiants en difficulté. Si les étudiants souffrant d’un handicap se faisaient connaître auprès du secrétariat des Etudes , des tiers temps leur seraient accordés lors des examens. Nous avons eu plusieurs fois d’ailleurs des cas d’étudiants ne sachant pas écrire lors d’examens ou autres, à cause d’une fracture par exemple.
D’autre part, les étudiants de l’ENSAE sont formidables et il y aura donc toujours quelqu’un pour les aider. Nous avons par exemple des étudiants souffrant de dépression. Dans ce cas, des camarades s’arrangent pour rester avec lui et lui offrir un soutien moral.
L’ENSAE essaye également de faire des aménagements de scolarité. Les cours sont dispensés sur un seul et même étage pour éviter aux personnes handicapées moteur de trop se déplacer. Les absences sont excusées d’office sur présentation d’un justificatif.
De plus, les étudiants savent que la Directrice de l’Ecole est une personne très compréhensive et qui accorde beaucoup d’importance au bien être de ses élèves.
Enfin avec la Direction de l’école, nous allons aller à ParisTech à une réunion sur l’accompagnement des élèves en difficulté psychologique. Cela nous donnera peut être des idées et ne pourra être que bénéfique."
Quelles sont par contre les contraintes et difficultés rencontrées par l'ENSAE ?
" Les contraintes sont l’agencement de l’établissement. Des aménagements ont été faits mais la conception de l’établissement en empêche d’autres. Avec le déménagement de l’école sur le site de Palaiseau, envisagé vers 2012-2013, l’établissement aura des agencements bien meilleurs pour l’accueil des personnes handicapées moteur, ne serait ce qu’un ascenseur adapté. »
Comment s’inscrit la Journée Handivalides dans la politique handicap de l’établissement ?
« Nous sommes ravis d’organiser cette journée du 3 mai. L’association étudiante ENSAE Solidaire a diffusé l’information auprès de l’administration et des étudiants car plus il y aura de participants, plus les mentalités pourront évoluer. J’aimerais que le personnel administratif participe à quelques ateliers pour se rendre compte de l’importance qu’ont les différents sens et les difficultés quotidiennes que peuvent rencontrer des personnes handicapées. Par exemple, nous nous servons beaucoup de notre vue. Se mettre à la place d’une personne aveugle est parfois compliqué car nous devons nous servir de nos autres sens que l’on exploite pas assez souvent.
J’espère d’ailleurs que ce ne sera pas la dernière Journée Handivalides, que nous organisons et que d’autres suivront. »
Propos recueillis par Marc Sprunck,
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