Mon parcours :
Déficient auditif depuis la naissance, il a fallu attendre que j’atteigne l’âge de 4 ans pour que les médecins s’aperçoivent de mon handicap, en dépit des doutes et interrogations des mes parents. J’ai immédiatement été appareillé ! La Langue des Signes Françaises (LSF) ne faisant pas partie du quotidien familial, j’ai appris la lecture labiale et suivi des cours intensifs d’orthophonie.
Dès l’école primaire, mes parents ont fait le choix de m’inscrire en intégration individuelle. A côté j’étais suivi par un orthophoniste à raison de 3 heures par semaine. Au collège, les choses se sont un peu compliquées… Changements de repères, nouveaux codes à intégrer, nouvelle équipe pédagogique. Il n’est pas toujours aisé de prendre ses marques mais avec le temps, les choses se mettent petit à petit en place… De prime abord, mes professeurs ne percevaient pas mon handicap : j’étais un « bon élève » et de surcroît « qui s’exprime bien ».
Vient ensuite mon entrée au Lycée où j’ai choisi un établissement dans lequel je pouvais bénéficier d’une intégration individuelle et de professeurs sensibilisés à mon handicap.
Après l’obtention de mon BAC, je décide de passer le concours d’entrée à l’INSA, école de commerce dans laquelle j’étudie aujourd’hui depuis 3 ans. Comparé au lycée, où je bénéficiais de beaucoup d’aide - ce qui a peut-être eu comme effet pervers de me faire perdre de mon autonomie - j’ai connu un rythme totalement différent… Le démarrage a été dur : c’était un tout nouveau contexte. Je me retrouvais livré à moi-même sans professeurs sensibilisé au handicap. Il m’a fallu trouver de nouveaux repères et m’adapter…
J’avais choisi d’intégrer l’INSA après mûres réflexions et comparaisons entre écoles de commerce. L’INSA répondait le plus favorablement à mes attentes et perspectives d’avenir. L’établissement dispose en effet d’une Mission Handicap guidée par une réelle politique d’intégration de la diversité et d’une expérience dans l’accueil d’étudiants déficients auditifs. J’ai pu ainsi bénéficier d’un savoir faire et d’un aménagement de scolarité.
La dynamique Handivalides…
Membre actif de l’association HandiZgoud, j’ai été informé de la journée Handivalides par notre président, Neil Boussafara. Cette idée de sensibilisation au handicap est l’essence même de la raison d’être de l’association ! Aussi, l’envie de s’engager dans la dynamique Handivalides a été naturelle ! Sensibiliser au handicap par des mises en situation innovantes et ludiques est une belle proposition de réflexion sur l’ouverture à la différence… La mixité fait partie intégrante de mon quotidien, elle est naturelle et essentielle à mon épanouissement !
Mon rôle de parrain…
Le partage d’un récit qui témoigne de mes aspirations personnelles, étudiantes et professionnelles… Un témoignage qui dresse l’esquisse d’un enseignement riche d’élèves aux parcours variés. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir poursuivre des études supérieures. Certes, il s’agit d’un chemin - par moment - parsemé d’embûches mais riche d’expériences, de motivations et d’efforts incessants ! C’est l’occasion aussi pour moi d’ailleurs de remercier mes professeurs – surtout du Lycée – pour leur confiance et leur soutien ; mon orthophoniste – Michel Maulet – avec qui j’ai entretenu un vrai contact et qui a beaucoup compté pour moi ; mon institutrice spécialisée en maternelle et en école primaire Josie Argast et mes parents qui ont compris qu’il était important de laisser à leur enfant le choix de ce qu’il ressentait comme le plus juste pour lui !
Propos recueillis par Smahen Amrani, Starting-Block.