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Malgré les difficultés, j’ai toujours su garder le cap ! :

Retour sur le parcours d’Etienne, parrain de la journée Handivalides de l’ESME Sudria et président de l’association HandiSudria, co-organisatrice de cette journée.

Photo d'Etienne.
Mon parcours…

Né en Bretagne à Rennes, je suis devenu malentendant à la suite d’une otite, à l’âge de 6 ans et demi. Ce n’est qu’un accident de la vie, une pure coïncidence. Ce n’est qu’à l’adolescence que j’ai commencé à ressentir les conséquences de cette perte auditive. Car devant la difficulté à communiquer, je devenais introverti et j’avais un manque de confiance évident lors des situations des échanges oraux. Mais j’ai toujours su garder le cap et après un bas S, j’ai choisi de m’orienter vers un DUT GEII (Génie Electrique et Informatique Industrielle). Le fait d’être triplé m’a considérablement servi au collège et au lycée car je me retrouvais souvent dans la même classe que mes deux sœurs. Leur soutien et celui de mes parents ont été les deux principaux maillons de ma réussite. Le sport a été aussi une bouée de sauvetage dans le sens où il me permettait de m’accomplir et de m’évader en oubliant mon handicap.

En 2004, après une année de recherche d’emploi infructueuse, j’ai intégré L’ESME Sudria. A la fin de la première année, face à de grosses difficultés pour suivre cette formation d’ingénieur généraliste, j’ai dû me résoudre à en parler à la direction de l’école. C’est à ce moment là que j’ai commencé à effectuer un cheminement qui m’a en amont préparé à me décider de porter des orthèses auditives. Ce n’était pas évident car je m’étais pollué l’esprit pendant plusieurs années vis-à-vis de l’image que la société renvoie du handicap. Aujourd’hui je me réalise complètement tant professionnellement (je travaille dans un centre de recherche) que personnellement. Je concrétise des projets que je n’aurai jamais pu imaginer réaliser un jour. J'ai créé l'association HandiSudria en mars 2008 avec un autre étudiant de l'ESME avec pour principal objectif de sensibiliser les futurs ingénieurs à la problématique du handicap en interne.

La dynamique Handivalides…

Ce que je pense des journées Handivalides est ce que la jeune association HandiSudria, dont je suis le responsable pour cette année scolaire 2008/2009, a toujours voulu soutenir : sensibiliser les jeunes face au handicap. Car il faut savoir qu’une personne sur deux aura un handicap pendant au moins 6 mois au cours de sa vie professionnelle. Cette sensibilisation permet souvent de dédramatiser et de comprendre cette problématique. Il y a toujours une richesse qui sommeille au fond de nous. En sachant écouter, comprendre l’autre on découvre toute la diversité des cultures que recèle ce monde. Et transmettre cet état d’esprit, un message de tolérance, sans compassion superflue envers les personnes handicapées par exemple, est une conviction profonde qui aiguise ma sensibilité.

Un dernier mot…

Dans une société où la tendance est parfois à la satisfaction personnelle, le bénévolat fait le choix de la générosité. Être bénévole c’est donner de son cœur, de son temps et beaucoup d’énergie qui in fine permettent de maintenir la cohésion et renforcer la résilience d’une société par rapport aux accidents de la vie et d’en atténuer les effets.

Propos recueillis par Smahen Amrani, Starting-Block