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Dounia, Marraine Handivalides :

Et bientôt juriste spécialisée dans les questions de santé...

portrait Dounia.
Mardi, 31 mars, campus de Versailles. Désir mêlé de curiosité, un peu d’appréhension et vive émotion pour ma première interview en plein cœur d’une journée Handivalides. Je me sens emportée par un tourbillon d’informations, de rencontres et d’animations… Nous nous isolons le temps d’une interview, le temps d’un échange juste, riche et ouvert.

Smahen Amrani, Starting-Block : "Tout d’abord, merci de répondre présente au rôle de Marraine de la journée Handivalides de l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelynes. Il s’agira de faire plus ample connaissance et d’en savoir plus sur toi, ton parcours, ta vie d’ étudiante... J'aimerais aussi avoir tes impressions sur la journée Handivalides et si tu le souhaites, c'est l'occasion de partager les messages que tu aimerais, peut-être, faire passer sur le handicap."

Dounia :
"Je suis atteinte de dystrophie musculaire congénitale. C’est une maladie génétique qui se caractérise par un affaiblissement des muscles. Elle touche généralement les bras, les jambes et la colonne vertébrale. Quand j’avais 6 ans, mes parents ont quitté le Maroc, le pays de leur histoire, sans aucune hésitation pour venir s’installer en France afin de m’offrir, à moi et mon frère, des soins médicaux, ainsi qu’une structure plus adaptée à notre maladie.

Dès le lycée, mes parents, sur les conseils du corps médical, optent pour le Lycée Toulouse-Lautrec à Vaucresson. Cet établissement propose un enseignement qui favorise la mixité (un élève handicapé pour un élève valide). Ce choix m’a permis d’évoluer dans un environnement riche en échanges, en découverte de soi et des autres.

Bien décidée à devenir juriste, je me donne les moyens de poursuivre des études universitaires en Droit des Biotechnologies. Dotée d’un véritable intérêt pour la thématique de la santé, mes études me passionnent et malgré les difficultés liées à mon handicap, je ne perds pas mon objectif de vue et me donne la force et les moyens de croire que j’y arriverai !

Il y a 5 ans, mon choix s’est porté sur l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelynes car elle était proche de mon domicile. J’ai été attirée par l’ambiance intime et conviviale qui planait sur le campus. Je peux à présent affirmer qu’il faut toujours suivre sa première impression ! En dépit d’un départ pas très aisé – être la seule étudiante en fauteuil trachéotomisée attise les regards et la curiosité – j’ai pu poser mes propres limites, ne pas porter d’intérêt aux regards insistants, trouver ma place et esquisser les contours d’une vie sociale et d’une vie d’étudiante.

Aujourd’hui en dernière année à l’université, mes interrogations se portent sur mon insertion professionnelle… "

SA : " Au cours de cette matinée passée à tes côtés, j’ai pu remarquer ton intérêt pour les stands des associations partenaires du forum Handivalides. As-tu pu y trouver des informations utiles pour ta recherche d’emploi future ? Quelles sont tes impressions sur cette journée Handivalides ?"

Dounia : "Je n’ai jamais assisté à ce genre de journée de sensibilisation au(x) handicap(s) car j’estimais que la dynamique devait venir de moi… Sonia, membre de l’association POEMES, m’a contacté pour me présenter la journée et me proposer le rôle de marraine… Après m’être interrogée sur la valeur et le sens de cet engagement, j’ai accepté avec beaucoup de plaisir. L’idée de mixité (valides / personnes handicapées) comme vecteur d’échange et de meilleure compréhension des différences des autres est l’essence même de mon parcours !"


SA : " Nous sommes pressées par le temps et par tes obligations d’étudiante. Notre entretien touche déjà à sa fin… Aurais-tu envie de me parler de tes attentes quant à l’avenir ?"

Dounia : " Au vu de tout ce que j’ai pu découvrir aujourd’hui, je porte un regard positif sur le tournant pris dans la sensibilisation au handicap et beaucoup d’espoir pour les prochaines générations. D’un point de vue personnel, j’aimerais un emploi de juriste dans une commission d’indemnisation des accidents médicaux. Je souhaiterais aussi plus d’autonomie. En effet, mon état nécessite l’accompagnement d’une auxiliaire de vie ou à défaut, l’appui de ma maman. Celle-ci a toujours été là pour moi et le prouve une fois de plus, par sa présence aujourd’hui ! Et j'aimerais aussi, peut-être, avoir mon propre chez moi… Même si je sais que je ne pourrai jamais être seule… "