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Portrait de Marraine :

Sophie, étudiante à l’ESCEM Tours, a perdu la quasi-totalité de son audition très jeune, suite à une méningite. C’est sans détour que Sophie répond aux questions de notre animatrice, Carla.

Le forum handivalides de la journée de Tours.
Photo : le forum de la Journée Handivalides du 25 février, ESCEM Tours. 
 
Peux-tu me dire en quelle année et dans quel cursus tu te trouves ?
« Je suis actuellement en 2eme année (M1)  à l’ESCEM (ESC Tours-Poitiers). J’ai intégré l’ESCEM après deux ans de classes préparatoires à Nantes. »

Comment ça se passe à l’ESCEM pour toi ?
« Tout se passe plutôt bien : l’administration et les professeurs sont assez compréhensifs. »

Tu as accepté de t’associer à cette journée Handivalides en tant que marraine. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

« Auparavant je n’avais jamais participé à un événement relatif aux personnes handicapées, j’ai pensé que ça pouvait être intéressant de rencontrer des personnes dans la même situation que moi et d’aider à faire entendre notre « voix » auprès du public, et notamment des employeurs. »

Selon toi, qu'est ce que peut apporter une journée Handivalides ?

« Je pense qu’une telle journée peut aider à son échelle faire bouger les choses et notamment à faire évoluer les mentalités. J’ai remarqué que les gens qui connaissent des personnes handicapées (frères, sœurs, amis, etc.) sont généralement plus sensibles et compréhensifs vis-à-vis des personnes handicapées, en général. »

Ton handicap t’a-t-il posé des difficultés spécifiques, à un moment donné, dans tes études?

« J’ai suivi une scolarité dans un environnement « normal » donc je me suis adaptée sans poser de question. Bien évidemment il y a eu et il y a toujours des situations délicates : la difficulté à écouter les professeurs, une concentration nécessairement plus grande pour suivre les cours, etc. Quand j’étais plus jeune, certains enfants faisaient preuve d’intolérance et prenaient mon handicap comme un signe de faiblesse. »

As-tu envisagé à un moment de suivre des études qui soient plus « adaptées » au regard de ton handicap ou as-tu toujours suivi tes rêves et ambition ?

« J’ai toujours suivi mes ambitions et je n’ai jamais laissé mon handicap limiter mes projets.»

As-tu toujours reçu l’appui nécessaire de la part de ton entourage familial, amical et pédagogique ?

« Certains professeurs dans ma scolarité ignoraient ou oubliaient mon handicap mais en général j’ai toujours reçu l’appui et la motivation nécessaire, notamment de la part de ma famille. »

Il y a encore très peu d'élèves handicapés dans les grandes écoles, comment l'expliques-tu? Que faudrait-il mettre en place pour améliorer la situation?

« Je pense qu’il faudrait que les personnes handicapées aient plus confiance en elles, qu’elles réalisent qu’elles possèdent les mêmes capacités d’apprentissage que les autres. Et surtout, il est nécessaire de faire preuve d’une volonté plus importante car, pour réussir, nous devons fournir bien plus d’efforts qu’une personne non handicapée. »

Comment définirais-tu l’accueil des étudiants handicapés à l’ESCEM ?

« C’est difficile de répondre à cette question car je pense être la seule étudiante handicapée. »

Les personnes handicapées n’ont pas l’obligation de se déclarer à leur établissement d’accueil, dans le cadre de leurs études ou auprès de leurs employeurs, que penses-tu de cela ?
« Je pense que c’est une question de choix personnel, mais bien évidemment si le handicap est important il est primordial de prévenir l’employeur ou l’établissement pour des raisons de sécurité et d’encadrement. »

Toi-même, le déclares-tu spontanément ou considères-tu cela inutile ?

« Je prends cette décision en fonction des situations. Dans tous les établissements scolaires ou j’étais, je  me suis trouvée obligée de le déclarer parce qu’en pratique je ne peux pas tout faire sans certains aménagements (par exemple, les tests audio dans les cours de langue). »
 
Propos recueillis par Carla Jordao,
Animatrice déficiente visuelle de Starting-Block