19/02/2010, Une nouvelle étape de notre long parcours : Ecole Centrale de Lyon et Em Lyon !
09h30 - L'équipe camion* rejoint les étudiants pour installer le forum* Tomas, Nicolas, Arnaud
C'est sous une pluie fine que nous rencontrons Henri, Marine et Sandrine de l'association étudiante Soli’ Terre. Le temps plutôt maussade n'entache pas leur bonne humeur et leur motivation. Nous commençons donc à décharger le matériel. Après une petite mésaventure dans l'ascenseur (Tomas, Henri et moi-même sommes restés bloqués à l'intérieur, d'ailleurs merci Sandrine pour le coup de main pour nous sortir de là), tout est en place, le forum est installé et nous attendons le reste de l'équipe et les associations partenaires.
10h45 - Le reste de l'équipe et les membres des associations partenaires arrivent sur place
Nous aidons donc à s'installer Marion de Hanploi; Rosa, Damien et leur collègue de l'AVH ( Association Valentin Haüy) ainsi que nos collègues et amis de l'association Starting-Block. Tout ce petit monde discute allègrement ou essaie les différents ateliers (Rosa et Damien ont testé notre célèbre jeu du « Sacabazar » animé par la non moins célèbre Carla ("carlita" pour les intimes) avant que le départ officiel du forum et des activités ne soit donné.
11h00 - Début des activités
C'est un début timide qui se profile ; les étudiants sont bien au rendez-vous mais assaillie par la faim, la majorité d’entre eux préfère se diriger vers le restaurant universitaire. Malgré tout, quelques courageux acceptent de mettre les protestations de leur estomac au second plan et d'écouter plutôt leur curiosité. C'est ainsi qu'ils découvrent les différentes activités proposées: le sacabazar (animé par Carla), la Table du Louvre (Julien et Aude), La Langue des Signes (Nicolas et Arnaud), le parcours à la canne (Damien, Tomas et Sébastien), l’initiation au braille (Rose et Maude) , les démonstrations de matériel informatique adapté à la déficience visuelle, le parcours en fauteuil (Guillaume). Vers 12h30-13h, les estomacs sont remplis et les étudiants affluent vers les différentes activités proposées. Une fois l'atelier terminé, ils sont nombreux à s’attarder pour discuter avec les animateurs et leur poser des questions (certains ont même des idées plutôt ingénieuses comme cet étudiant qui propose de monter une sorte de pare-choc sur les fauteuils pour protéger les jambes lors d'une ouverture de porte).
15h45 - La fin des activités et la table ronde
Les activités prennent fin et les animateurs se rassemblent pour partager leurs impressions sur cette première partie de journée lyonnaise. De l'avis de tous, ce fut une bonne journée avec de très bons échanges avec les étudiants. On notera que le parcours fauteuil et la Table du Louvre ont notamment récolté un franc succès. Il est temps de se diriger vers un autre bâtiment pour la table ronde. Pendant que la moitié de l'équipe range le matériel, l'autre moitié assistera à la table ronde dont voici un petit résumé:
En présence de Christian Grapin de Tremplin Entreprises, de Gilbert Névès de l’ADAPT, de Sandrine Vabre, référent handicap de l’école Centrale de Lyon, de Carole Guilhem de SOGREAH Consultant et de Marion Sebih de Hanploi, la table ronde avait pour thème l’insertion professionnelle des personnes handicapées.
Voici quelques unes des idées principales qui ont pu y être discutées autour de Claire Magimel, modératrice des débats :
- Obligation légale pour les entreprises de plus de 20 salariés d’avoir 6% de travailleurs handicapés. Or, la majeure partie des personnes handicapées a juste le bac, voire moins. Les travailleurs handicapés diplômés de l’enseignement supérieur sont encore assez rares au regard de la demande, surtout pour un poste exigeant un niveau bac + 4 ou 5.
- En outre, il subsiste encore beaucoup d’a priori et il y a donc une nécessité de travailler sur les mentalités, que ce soit du côté des personnes handicapées elles-mêmes et du côté des employeurs.
- Il faut favoriser le recrutement sur les compétences et accompagner le travailleur handicapé dans sa formation.
- L’autocensure (de la personne handicapée) et la censure (de l’entourage familial ou pédagogique) représentent un frein. Beaucoup préfèrent se rabattre sur une filière professionnalisante qui conduit directement à la vie active, par peur ou par manque de perspectives.
- Il serait donc vraiment nécessaire d’informer dès le secondaire sur les véritables pistes d’avenir qui s’offrent au jeune handicapé.
- il faudrait également mieux former les managers à repérer les compétences des travailleurs handicapés et leur permettre d’identifier leurs besoins spécifiques, sans pour autant partir dans un favoritisme fondé sur le compassionnel. Il s’agit donc avant tout de briser les idées reçues sur les personnes handicapées, souvent considérées comme des personnes faibles et incompétentes par les employeurs, afin que ces derniers ne puissent voir en eux que des travailleurs ordinaires, avec des capacités particulières.
- Il faut parallèlement briser les a priori des personnes handicapées sur leur capacité à intégrer le monde de l’entreprise pour qu’elles arrêtent de croire que cela leur est inaccessible ou que l’adaptation ne peut venir que d’elles.
- la difficulté aussi, c’est que chaque travailleur handicapé, même s'il a le même type de handicap, est différent. Les managers ont tendance à croire qu’ils connaissent tout d’un handicap dès lors qu’ils ont déjà travaillé avec une personne handicapée atteinte de cette même déficience. Il faut prendre conscience que le travailleur handicapé conserve sa singularité en tant qu’être humain et qu’un bon relationnel avec un collaborateur handicapé ne permet pas d’avoir fait le tour de la question.
18h00 - Fin de la table ronde
Tous les participants de la table ronde se retrouvent autour du pot de l'amitié et poursuivent autour d'un verre les réflexions lancées durant le débat. Puis vient l'heure de se séparer et, pour l’équipe Handivalides, de repartir vers la suite de ses aventures...
Carla Jordao et Arnaud Masclet,
Animateurs de l’association Starting-Block