Depuis la loi du 10 juillet 1987, qui instaure l’obligation pour les employeurs de plus de 20 salariés de compter au moins 6% de personnes handicapées dans leurs effectifs, la place des personnes handicapées dans les entreprises n'a cessé de croître. Mais, pour certains établissements, le chemin à parcourir afin d’atteindre l’objectif des 6% est encore long.
Pour les personnes en situtation de handicap, encore plus que pour les autres, sans doute, la question de l'insertion professionnelle est directement liée à celle de l'accès aux études.
Parmi les difficultés principales d’accession au marché de l’emploi qu’ils rencontrent, on trouve à la fois un niveau de qualification inférieur à la moyenne (80 % des personnes handicapées ont un niveau inférieur au bac), les préjugés liés à l’ignorance et à la peur de contre-performances et enfin des éléments de censure de l’entourage et/ou d'autocensure des personnes handicapées elles-mêmes, en termes d’ambitions académiques et professionnelles. Or cela est d'autant plus pénalisant pour elles que, dans l’enseignement supérieur comme dans les entreprises, les potentiels et les talents se mesurent presque exclusivement par la réussite d’un concours et l’obtention d’un diplôme.
La loi de 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » fait ainsi de l’accès aux études supérieures, pour les personnes en situation de handicap moteur, sensoriel, psychique ou présentant un trouble de la santé invalidant une priorité. Concrètement, la loi donne aux établissements la responsabilité d’organiser et de financer l’adaptation des locaux ainsi que les conditions d’accueil et d’accompagnement pédagogique des étudiants handicapés.
La loi a été suivie par la signature de deux chartes, entre le ministre de l’Enseignement supérieur et la Conférence des Présidents d’Universités (CPU) en 2007, puis la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) en 2008. Ces chartes prévoient, dans chaque établissement, la mise en place de services d'accueil pour les étudiants handicapés, disposant d'un responsable formé et dédié. Il s’agit d’évaluer les besoins de l'étudiant et à de mettre en place un plan d'aide et d'accompagnement personnalisé pour assurer l'égalité des chances entre les étudiants.
On dénombrait au cours de l’année universitaire 2008-2009, 10 500 étudiants handicapés dans l’enseignement public*. Ce nombre n’a cessé de croître ces dernières années grâce au plan Handiscol, aux efforts consentis depuis 2005. Il reste probablement en dessous de la réalité car certains étudiants en situation de handicap choisissent encore de ne pas se déclarer et parallèlement, tous les établissements n’ont pas transmis leurs résultats. *
Source :
Handi-U - Ministère de l'enseignement supérieur.