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Journée Handivalides à l'Ensta ParisTech :

16h, en ce mercredi 30 mars, c’est la fin du forum Handivalides et l’heure pour une partie de l’équipe du grand remballage du matériel dans le camion. Mais cette troisième édition de la journée Handivalides à l’ENSTA n’est pas terminée pour autant : dans une petite salle attenante, prennent place les intervenants de la table ronde. Le débat animé par l'association étudiante Remisol abordera les obstacles que rencontrent les élèves handicapés, les ressources et moyens qui peuvent être mobilisés et enfin les solutions encore à mettre en oeuvre.

Table ronde, Journée Handivalides.
Aujourd’hui, le thème c’est « L'environnement scientifique et technique: opportunités et freins à l'insertion des personnes handicapées ». Du côté de l’administration, 3 personnes se sont mobilisées, Philippe Fessier, professeur et référent handicap de l’ENSTA, Arnaud Reichard, directeur adjoint de l'ENSTA et Jean-Baptiste Hoffmann, chargé des Relations  Extérieures. Du côté des entreprises partenaires de l’ENSTA, Roseline Duchesne-Levesque de la Mission Handicap de Thales et Philippe Thurat, Directeur de la Diversité et de l’Egalité des chances d'Areva. Côté associations, Michel Henry, responsable du service accessibilité de l'association Valentin Hauy. Enfin, côté étudiants, deux membres de l’association Rémisol, Renaud et Anne-Charlotte, se chargent de modérer les débats.                                       
 
Le débat aborde trois points essentiels : les obstacles que rencontrent les élèves handicapés, les ressources et moyens qui peuvent être mobilisés pour répondre à leurs problèmes spécifiques, et enfin les solutions que chacun des acteurs autour de la table pourrait impulser pour répondre aux problèmes identifiés.
 
Les intervenants des milieux éducatifs et professionnels se rejoignent dans l’identification des obstacles à une bonne intégration des jeunes en situation de handicap : « quand les jeunes ne déclarent pas leur situation et leurs besoins, il est difficile d’y répondre ». Mais se déclarer en situation de handicap reste un choix personnel ! Le débat s’engage donc sur les raisons qui peuvent pousser une personne à se déclarer ou non auprès de la mission handicap de son établissement ou de l’entreprise pour laquelle elle travaille. A ce premier obstacle, s’en ajoutent plusieurs autres, et les propos fusent sur le sujet. Ainsi, quel que soit le milieu, scolaire ou professionnel, sans aval managérial, les meilleures volontés au niveau opérationnel se trouveront limitées par un manque de moyen et par un manque d’implémentation de politiques de changement au niveau global. Le changement en faveur des jeunes en situation de handicap doit donc être appuyé par la direction et concerner chacun, notamment les managers d’équipe. Heureusement, les intervenants réunis autour de la table sont volontaires, animés d’une volonté de faire bouger les systèmes en faveur des jeunes handicapés. Le débat est animé. On souligne, en le regrettant, le fait que beaucoup de jeunes en situation de handicap s’auto censurent, c'est-à-dire se mettent des barrières quant à leurs perspectives professionnelles, là où ces barrières pourraient de concert être levées : la sensibilisation, réalisée notamment lors du forum Handivalides qui s’est déroulé juste avant la table ronde à l’ENSTA, prend alors tout son sens. La question de la bonne orientation de ces jeunes sera centrale dans tout ce débat.
 
Face à ces problématiques, nos jeunes modérateurs de Rémisol, l’association étudiante co-organisatrice de la Journée, amènent chacun à identifier les moyens à disposition pour adapter les milieux scientifiques et techniques aux besoins des étudiants. Ainsi, les grandes entreprises consacrent un budget important à la thématique du handicap mais le financement d’adaptation pour les personnes handicapées ne sera-t-il pas plus difficile quand les entreprises se rapprocheront de leur obligation d’emploi de 6% de travailleurs handicapés ? Pour l’instant, souligne-t-on, nous devons encore avancer vers la réalisation de cet objectif renforcé par la loi de 2005. Concernant la façon dont les entreprises emploient le budget alloué aux accords handicap, les représentants des entreprises comme ceux de l’ENSTA s’accordent pour souligner la nécessité, pour les entreprises, de mener des politiques sociétales cohérentes. Un étudiant argumente en effet qu’en tant que jeune diplômé, il sera sensible à l’éthique des entreprises dans lesquelles il choisira de postuler. Les entreprises ne peuvent plus se permettre désormais de ne pas prendre en compte tous les aspects de la Responsabilité Sociale.
 
Alors, ensemble, suite aux différents points abordés lors de ce débat animé, que pouvons-nous faire ? L’idée émerge de séances de tutorat organisées par les étudiants pour des  jeunes en situation de handicap. Madame Duchesne-Levesque a aussi présenté aux étudiants le rôle de plaidoyer qu’ils pouvaient jouer au niveau local : faire remonter auprès de l’administration et des collectivités les problèmes que rencontrent les jeunes en situation de handicap, se saisir des débats sur l’accessibilité de la ville et l’accessibilité des études dès le plus jeune âge pour les enfants handicapés…
 
                                            Diane Guerin et Guillaume Rochon, Starting-Block