Photo : Intervenants de la table ronde, Journée Handivalides Supelec, Campus de Rennes
" La Journée Handivalides a débuté par des ateliers et mises en situation. Ainsi, les étudiants ont pu se mettre à l’épreuve, via des parcours en fauteuil, des ateliers en aveugle… Ils ont également pu discuter avec des personnes handicapées, ce qui leur a permis de mieux appréhender leurs difficultés au quotidien.
La discussion a débuté par une intervention du Délégué Général de Tremplin Entreprises. Il y a en France deux millions d’étudiants dans l'enseignement supérieur. Parmi eux, on compte environ 10 000 personnes handicapées, ce qui est très peu. En primaire et dans le secondaire les chiffres sont plus élevés. Il y a en effet 150 000 enfants handicapés dans le primaire et 66 500 dans le secondaire. Cette baisse progressive de la part des jeunes handicapés dans l’enseignement est, selon lui, due à un problème d’autocensure de la part des jeunes eux-mêmes. Leur milieu familial, social ou éducatif les conduisent à penser qu’ils ne seront pas capables de mener à bien leur études et qu’envisager des études longues en étant handicapé est impossible. Le but de Tremplin est précisément de briser ces idées reçues et de convaincre les jeunes handicapés qu’ils ont la possibilité d’accéder aux études et à l'emploi. Ceci passe par un travail en amont, visant à aider les jeunes à prendre confiance en eux et à les aider dans leurs études (accès aux cours adaptés par exemple).
Les intervenants présents ont largement rejoint ce point de vue, insistant sur l’autocensure des personnes handicapées elles-mêmes. Pour Handisup, il s’agit de traiter le problème de manière globale. Mais il demeure un problème récurrent : le financement de ces dispositifs.
Un autre point a été abordé suite à cette question, celui de l’interlocuteur handicap dans les établissements d’enseignements supérieur. Tous les établissements ayant signé la charte Handicap n’ont pas encore de référent handicap. La mise en place effective de ce poste nécessite en effet une formation, un budget et du temps dédié à cette mission. Pourtant, il s’agit d’une obligation légale… Outre le coût de mise en place de ce système, le problème vient aussi du fait qu’il est impossible de répertorier tous les handicaps (seulement environ 2% des personnes handicapées sont en fauteuil, par exemple), donc cela complique largement la formation d’un référent.
Il est également important de noter que toutes les personnes handicapées ne déclarent pas leur handicap à l'administration de leur école ou à leur employeur. En effet, il n’est pas rare que certaines personnes aient peur du licenciement par exemple ou tout simplement de susciter de commentaires de leurs collègues de travail.
Cette partie sur l’enseignement supérieur a été conclue par M. Philippe Martin, Directeur de SUPELEC Rennes. Il a admis avoir déjà des étudiants handicapés dans l'école, mais finalement très peu par rapport à la proportion d’étudiants admis chaque année. Il a également évoqué le problème des aménagements des cours mais aussi celui des handicaps non déclarés. Son intervention s’est conclue par le constat qu’il est impossible d’avoir « une recette miracle », un système qui permettrait d’aider les personnes handicapées dans leur cursus… Chaque cas est un cas unique, individuel à traiter.
La table ronde a ensuite été orientée sur l’intégration des personnes handicapés sur leur lieu de travail. D’après Christian Grapin de Tremplin entreprises, le plus important n’est pas la connaissance du handicap : peu importe que les collaborateurs soient ou non au courant. Le plus important est bien la prise en compte des restrictions et limites que génère le handicap. Aussi, nul besoin de mettre ses collaborateurs au courant de son handicap si cela n’influe pas directement sur le travail de la personne ou sur son environnement (aménagements nécessaires par exemple).
Selon Hanploi, 13% des français présentent un problème de santé au travail. Il est donc nécessaire, au-delà des aménagements à mettre en place, de faire valoir la valeur ajoutée du stagiaire ou employé en situation de handicap pour l’entreprise. Il s’agit en effet de trouver l’aménagement idéal et de mettre en relation personnes handicapées et entreprises pour que les choses se fassent le mieux possible. C’est précisément le rôle de l’association Hanploi, qui accompagne les personnes handicapées lors de leurs démarches pour trouver un emploi.
L’ADAPT a conclu cette table ronde par un retour sur la nécessité d’adapter les postes de travail pour les personnels handicapés. Aussi il est très fréquent que la structure accompagne des travailleurs handicapés sur leur lieu de travail pour voir si toutes les conditions sont réunies pour que la personne travaille dans de bonnes conditions. Il est également important d’insister sur le fait que les aménagements mis en place pour les personnes handicapées ne sont que des compensations de leur handicap et en aucun cas des avantages. Il est très important que les équipes de travail intégrant des personnes handicapées soient conscientes de cela."
Maëlle, Hand'élec