Photo : Table ronde, Journée Handivalides, ESC Montpellier
" J’ai participé avec un groupe d’étudiants de l'ESC Montpellier à l’organisation d’une journée Handivalides dans le cadre de la semaine du développement durable et de la responsabilité globale de notre école. Cette journée s’inscrivait également dans le cadre du projet tuteuré Prométhée que chaque élève doit réaliser pour la validation du diplôme.
Au départ, lorsque j’ai appris que notre travail porterait sur le handicap, je n’étais pas vraiment convaincu parce qu'il s’agit d’un sujet délicat et même tabou pour beaucoup d’entre nous. Ayant un membre de ma famille souffrant d’un handicap physique (il est paraplégique), j’ai pu constater à quel point il est difficile de rester rationnel sur ce sujet, considéré pour la plupart des personnes touchées, me semblait-il, comme une fatalité, pas toujours acceptée de surcroît... A cette période de l’année, il m'était encore assez difficile de saisir toute l’importance et les enjeux que recouvrait ce thème et de prévoir le déroulement pratique de la journée.
Les choses se sont précisées en novembre suite au week-end de formation organisé par l’association Starting-block, notre partenaire pour ce projet. En effet, la principale utilité de ce week-end à été de comprendre l’un des objectifs des journées Handivalides : mettre en situation de handicap des personnes valides afin de leur faire ressentir les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes handicapées. L’idée n’est donc pas de les faire culpabiliser ni même de jouer sur l’émotionnel ou de les attrister mais plutôt de les informer et de provoquer une prise de conscience.
Fort de cette expérience, j’ai donc changé d’opinion et réalisé tout l’intérêt de ce projet. S’en sont suivis de longs mois de préparation, avec quelques difficultés notamment pour trouver des financements et le matériel nécessaire. Nous avons néanmoins pu compter sur l’appui de l’équipe de Starting-Block lors de cette phase délicate.
La journée Handivalides a finalement eu lieu le 7 avril 2011. Si l’on s’en tient au retour que nous avons reçus des participants, ce fut globalement une réussite. En effet, la table ronde du matin, axée sur les difficultés d’accès aux études supérieures pour les étudiants handicapés (au niveau des infrastructures notamment en prenant l’exemple de l’école), mais également, au monde professionnel (présence de deux intervenantes de Décathlon venues présenter les efforts de leur entreprise) a réussi à capter l’attention des étudiants. Mais ce qui, à mes yeux, a marqué la plus grande réussite de l’événement n’est autre que l’ensemble des activités mises en place. Au total, les étudiants ont pu participer à 6 ateliers de mise en situation différents. A savoir :
- un atelier « canne » : parcours à l’aveugle avec une canne pour se situer, avec un guide
- une initiation au braille
- un atelier « langue des signes » : initiation aux principaux signes pour les débutants
- un atelier « goûter à l’aveugle » : découverte des saveurs et développement des sens
- un atelier « cécifoot » : match à 7 contre 7
- un atelier « fauteuil roulant » : sensibilisation aux déplacements en fauteuil.
Finalement, pour conclure, je dirais que cela aura été une expérience positive pour moi à plusieurs niveaux :
- Au niveau professionnel : cela nous a permis de gérer du début à la fin l’organisation d’un événement de sensibilisation. Malgré les difficultés évoquées, nous avons de manière autonome planifié la journée, recherché le matériel, pensé le plan de communication etc. comme l’aurait fait un professionnel de l’événementiel.
J’ai pu ainsi me rendre compte de la quantité de travail nécessaire en amont. Cela m’a également permis de mettre en pratique les cours théoriques que nous avons suivis en management de projet notamment. Cela me sera en plus très utile puisque je suis très attiré par l’événementiel en général.
- Au niveau personnel : cela nous a permis de nous investir en donnant de notre temps pour un sujet à fort enjeu social. J’ai acquis une plus grande ouverture d’esprit en côtoyant des personnes handicapées qui m’ont montré les difficultés rencontrées mais surtout l’énergie et le courage nécessaire pour rebondir. « Le handicap c’est dur au quotidien… Mais la vie ne s’arrête pas » m’a-t-on répété plusieurs fois. Cela m’a surtout permis d’ouvrir les yeux sur le handicap qui ne doit pas être un sujet tabou mais, bel et bien, une réalité à prendre en compte.
J’ai maintenant avec un peu plus de recul, un véritable sentiment de fierté quand je repense à cette journée qui a mis un terme à 5 mois de travail."
Paul, étudiant à l'ESC Montpellier