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Focus sur les loisirs, Journée Handivalides à l'université Panthéon Assas :

La Journée Handivalides de l'université Panthéon-Assas, co-organisée par l'association étudiante Assas.net, s'est tenue le 1er mars. Son thème : l'accès aux loisirs. Asma, d'Assas.net, et Gaël, étudiant à l'université et membre de l'équipe de France de Cécifoot, nous éclairent sur leurs attentes, ce qui est mis en place à l'université et les projets encore à développer.

Initiation au Torball.
Photo : Initiation au torball, Journée Handivalides à l'université Panthéon Assas
 
Dispositifs mis en place au sein de l'université
Gaël : "Au niveau de l’offre sportive, il me semble que l’université propose une palette d’activités assez diversifiées même si les obstacles à leur exercice restent nombreux :  horaires de cours pour le moins dissuasifs, sites éloignés de l’université… Le constat est beaucoup moins bon en ce qui concerne les activités culturelles notamment à cause de travaux qui s'éternisent à la faculté. Et il va sans dire que ces contraintes, qui existent pour les personnes valides, prennent  une autre dimension pour les personnes en situation de handicap."
Asma : "L’accès aux loisirs est un problème qui touche l’ensemble des étudiants, valides comme handicapés, au sein de notre université. Toutefois en ce qui concerne les activités pour les étudiants en situation de handicap, on constate que c’est un peu le néant. Des initiatives doivent être prises dans le domaine du sport universitaire. Ainsi, à quand le handisport à la fac ? Concernant les sorties culturelles (théâtre, concert, exposition), l’université, tout comme les associations étudiantes, doivent faire en sorte de proposer un panel d’activités accessibles à tous."  
 
Le sport, la culture... C'est du ressort de l'établissement ?
Gaël :"Oui, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’université à vocation, entre autres, à donner aux étudiants une formation intellectuelle. Or la culture élargit tant le champ des connaissances que les perspectives d’analyse. Elle est, pour moi, indissociable de toute construction intellectuelle. La culture est donc un domaine où l’université doit non seulement soutenir les initiatives qui lui sont extérieures, mais plus encore, être elle-même actrice principale.

Ensuite, pratiquant une activité sportive régulière, je ne peux que dire que cela participe aussi à la fois au bien-être physique mais aussi psychologique des étudiants.
Enfin, de manière plus générale, une fois acquise l’idée que la culture et le sport sont une nécessité pour la bonne formation d’un étudiant, il faut constater que l’université est la plus à même de satisfaire ces besoins. En effet, laisser ce rôle exclusivement aux associations ou aux organismes privés, conduirait soit à des disparités importantes entre les étudiants, soit à détacher les loisirs de la formation intellectuelle stricto sensu."
 
La Rôle d'Assas.net 
Asma : "Assas.net, au départ, c'était un forum web étudiant  puis  les membres se sont constitués en  association en 2002. Le but : instaurer une véritable entraide étudiante pour tous. Dans le cadre de son pôle culturel, de son pôle loisirs et de son pôle entraide, Assas.net organise diverses sorties : théâtre, cinéma, visite du palais du justice ou encore de la prison de la santé, matchs de foot, patinoires. 
Gaël : "A vrai dire je n’ai pas eu pour le moment l’occasion de bénéficier des services d’Assas.net en ce domaine. Mais il me semble que les propositions de loisirs se multiplient dans cette association, il est donc probable que je trouve un jour quelque chose qui m’intéresse particulièrement."
 
Projet autour du handicap
Asma : "Concernant le sport universitaire, des pistes concrètes sont apparues lors de la table ronde de la Journée Handivalides. Il s'agit, entre autres, de la mise en place de cours de sport spécifiques, qui tiennent compte des handicaps et des attentes des étudiants.  De plus, Assas.net envisage d’adapter ses sorties culturelles en ce qui concerne l’accessibilité des lieux par exemple, mais surtout, en fonction des envies et des besoins des étudiants en situation de handicap.
 
Cécifoot
Gaël : "J’ai commencé le cécifoot, en arrivant à l’Institut National des Jeunes Aveugles. (INJA) Auparavant je pratiquais le foot de manière un peu plus laborieuse, en essayant de bricoler quelques adaptations pour me permettre de jouer avec mes amis voyants. Mais depuis 7 ans maintenant, j’ai abandonné presque totalement le plan du "ballon recouvert d’un sac plastique" et les parties de foot dans la rue, pour le ballon « officiel » du cécifoot (un ballon contenant des grelots) et pour des terrains de jeux plus conventionnels.
 
Sensibilisation et initiation
Gaël :"Je participe assez souvent, soit avec l’équipe de France de cécifoot, soit avec mon club, à des actions visant à faire connaître ce sport. C’est toujours très agréable et utile. En général, on commence par faire une démonstration de match, avant de mettre les personnes voyantes les yeux bandés en  situation de jeu. Ce qu’il en ressort  est le plus souvent positif puisque les participants se rendent compte que, loin de se réduire à un sport pour personnes non voyantes, le cécifoot c'est surtout et avant tout du foot.
Ce serait intéressant de faire prendre conscience aux étudiants de l’université que les personnes qui ne voient pas peuvent jouer au foot en conservant  une bonne qualité de jeu, tant sur l’aspect physique que technique.  J’espère qu’un jour l’opportunité se présentera."

 
Propos recueillis par Emilie Ouchet, Starting-Block