bannière publicitaire Onisep

Journée Handivalides à Paris Descartes :

Les études de médecine sont fortement sélectives avec moins de 20% de réussite en moyenne nationale de la PCEM1 (Premier cycle d'études médicales). Dans ce contexte ultra-concurentielle, comment mettre en place des mesures d'accompagnement adaptées pour les étudiants handicapés ? Entretien avec Eric Dugas, chargé de mission handicap de l'université Paris Descartes et Pierre Pardessus, étudiant, correspondant handicap de l'université, engagé dans cette dynamique.

Journée Handivalides à Paris Descartes.
L'accompagnement à l'Université Paris Descartes

L'université Paris Descartes est très éclatée géographiquement. Or, pour l'accompagnement des étudiants handicapés, Eric Dugas insiste sur le fait qu'il est nécessaire d'établir un véritable rapport humain. C'est pourquoi des correspondants handicap, qui vont à la rencontre des élèves, sont nommés dans chaque composante. Ils assurent à la fois une mission de communication afin de faire connaître le service handicap mais effectuent également un travail de suivi des étudiants, en lien avec les services de la vie étudiante et de la santé. Le rôle de la mission handicap centrale est de donner l'impulsion aux différents services, d'assurer leur coordination et de dynamiser la relation qui existe entre eux.

Compétences / Sélection

Eric Dugas nous explique toute la difficulté de favoriser l'accès des étudiants handicapés aux filières sélectives avec concours d'entrée. La problématique est la même que pour tous les dispositifs généraux : la loi est faite pour tous, comment l'adapter à chacun dans l'usage ? En matière de handicap, comme dans tout plan de formation, il est important de raisonner en terme de compétences. Or, un concours d'entrée formaté est-il réellement pensé pour  les accueillir toutes ? Si ce n'est pas le cas, selon lui, une déficience se transforme en handicap social.
Se pose également la question de la discrimination positive, notamment dans des filières très sélectives comme la médecine. Ainsi, des mesures d'accompagnement pro-actives telles que la mise en place de tutorat pédagogique pour les étudiants handicapés sont délicates à mettre en place, pouvant exposer au mécontentement d'autres étudiants qui attendent d'être dans des conditions d'égalité parfaite pour le concours.

Incapacités
Selon M. Dugas, il y a bien entendu des incapacités notables mais dans la mesure du possible, le rôle du chargé de mission handicap est de rendre la réussite possible. Il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre accompagnement professionnel pour la mise en place d'un projet pérenne et équité devant l'accès au concours. Il faut, en effet, veiller à ne pas décourager les jeunes de postuler au concours et à ne pas être dans une posture discriminante concernant son accès. Le concours de médecine présente en outre des possibilités de carrière très nombreuses. En terme de handicap, rappelle Eric Dugas, les innovations techniques et les changements de mentalités peuvent amener le champ des "possibles" en fonction des déficiences à évoluer très vite. Les incapacités d'hier sont les possibilités d'aujourd'hui, en lien avec des repères socioculturels extrêmement mouvants.

Le rôle des étudiants

Eric Dugas met un point d'honneur à ce que les étudiants valides s'engagent en matière d'accueil et d'intégration des étudiants handicapés. Cela permet de renforcer l'approche humaine et de proximité dans le travail d'accompagnement et de le dynamiser. Les étudiants sont un relais fondamental entre l'administration et les étudiants handicapés. Un important travail de communication a été lancé par l'administration et les étudiants eux-mêmes afin d'évoluer dans ce sens.
 
Engagement étudiant : lire l'interview de Pierre Pardessus, correspondant étudiant handicap de l'université Paris Descartes et élu au CEVU (Conseil des Etudes et de la vie universitaire).
 
Propos recueillis par Emilie Ouchet, Starting-Block